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CJC-1295 et ipamoréline : pourquoi ces deux peptides sont étudiés ensemble
Pourquoi le CJC-1295 sans DAC et l'ipamoréline sont étudiés ensemble, et ce que la recherche montre réellement sur cette association.

CJC-1295 et ipamoréline : pourquoi ces deux peptides sont étudiés ensemble
Un analogue de la GHRH et un sécrétagogue sélectif, réunis dans un même flacon. Ce que chacun apporte, le principe de la synergie, ce que montre réellement la recherche et ce qu’elle ne montre pas.
- Le CJC-1295 sans DAC (Mod GRF 1-29) imite la GHRH : il active le récepteur de la GHRH dans l’hypophyse.
- L’ipamoréline imite la ghréline : elle active un autre récepteur, le GHS-R1a. C’est le sécrétagogue le plus sélectif de sa famille.
- Ensemble, un analogue de la GHRH et un sécrétagogue de la famille des GHRP produisent dans les études une libération d’hormone de croissance supérieure à la somme des deux effets.
- Aucune étude publiée n’a évalué ce mélange précis dans un flacon unique. Les données portent sur chaque peptide, ou sur des associations de la même famille.
- Statut : ni l’un ni l’autre n’est un médicament autorisé. Les deux sont interdits par l’Agence mondiale antidopage.
Les deux peptides du mélange
Le mélange associe deux peptides synthétiques qui stimulent l’hypophyse par deux portes d’entrée différentes : la porte de la GHRH et celle de la ghréline.
| Critère | CJC-1295 sans DAC | Ipamoréline |
|---|---|---|
| Famille | Analogue de la GHRH | Sécrétagogue de la GH (famille des GHRP) |
| Hormone imitée | GHRH (hypothalamus) | Ghréline (estomac) |
| Récepteur | Récepteur de la GHRH | GHS-R1a |
| Taille | 29 acides aminés | 5 acides aminés |
| Masse | ≈ 3 368 Da | ≈ 712 Da |
| Décrit en | Années 2000 (ConjuChem) | 1998 (Novo Nordisk) |
Chaque peptide a son guide : le CJC-1295 (avec et sans DAC) et les sécrétagogues de la famille des GHRP, dont fait partie l’ipamoréline.

CJC-1295 sans DAC + ipamoréline · 10 ou 20 mg · Stock France
L’hormone de croissance en deux minutes
L’hormone de croissance (GH) n’est pas libérée en continu, mais par pics, plusieurs fois par jour, avec un pic important pendant le sommeil profond. Ce rythme est réglé par deux signaux opposés.
Le premier signal, la GHRH, vient de l’hypothalamus et dit à l’hypophyse « libère ». Le second, la somatostatine, dit « stop ». C’est l’alternance entre ces deux signaux qui crée les pics. Une troisième hormone, la ghréline, produite surtout par l’estomac, vient amplifier le signal de libération.
Le mélange CJC-1295 + ipamoréline joue sur deux de ces leviers : le CJC-1295 imite la GHRH, l’ipamoréline imite la ghréline. Comprendre ce rythme aide à comprendre pourquoi on cherche des molécules à action courte, qui créent un pic puis s’effacent.
Le principe de la synergie
Les deux peptides n’agissent pas sur le même récepteur. Activés ensemble, ces deux récepteurs produisent dans les études une libération de GH bien supérieure à celle obtenue avec chacun séparément.
L’hypophyse libère l’hormone de croissance sous l’effet de deux signaux qui se renforcent : celui de la GHRH, qui « appuie sur l’accélérateur », et celui de la ghréline, qui amplifie la réponse et freine en partie la somatostatine, le « frein » naturel de la GH.
Dans les années 1990, l’équipe du Pr Cyril Bowers a montré qu’en associant la GHRH à un GHRP, la libération de GH dépassait nettement la somme des deux effets pris isolément. C’est ce qu’on appelle une synergie, et c’est la raison d’être de ce type de mélange.
Récepteur de la GHRH
Activé par le CJC-1295. Il déclenche la libération de GH par l’hypophyse.
Récepteur de la ghréline
Activé par l’ipamoréline. Il amplifie la réponse et limite l’effet de la somatostatine.
Une réponse amplifiée
Dans les études sur GHRH + GHRP, une libération de GH supérieure à la somme des deux effets.
Pourquoi l’ipamoréline plutôt qu’un GHRP ?
Pour sa sélectivité. L’ipamoréline libère de la GH sans augmenter, ou très peu, le cortisol et la prolactine, contrairement au GHRP-2 et au GHRP-6.
Décrite en 1998 par Raun et ses collègues comme « le premier sécrétagogue sélectif de la GH », l’ipamoréline a été conçue pour éviter les effets hormonaux secondaires des GHRP plus anciens. Elle stimule aussi beaucoup moins l’appétit que le GHRP-6. Elle est moins puissante, mais son profil est plus « propre » : c’est ce qui en fait le partenaire le plus courant d’un analogue de la GHRH en recherche.
Mix CJC-1295 + ipamoréline
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Ipamoréline
Sécrétagogue sélectif · 5 ou 10 mg
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GHRP-2
Pralmoréline · flacon de 5 ou 10 mg
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Pourquoi la version sans DAC ?
Parce que les deux peptides ont alors une durée d’action courte et comparable. Le mélange reproduit un pic de sécrétion, proche du rythme naturel de l’hypophyse.
La version avec DAC du CJC-1295 reste active plusieurs jours, tandis que l’ipamoréline agit sur une durée courte. Les associer dans un même flacon n’aurait pas beaucoup de sens : l’un agirait en continu, l’autre ponctuellement. Avec le CJC-1295 sans DAC (Mod GRF 1-29), les deux signaux arrivent en même temps et s’estompent ensemble. C’est ce qui permet d’étudier la synergie sur un pic unique.
Ce que montre la recherche, et ce qu’elle ne montre pas
Chaque peptide a été étudié séparément, et la synergie GHRH + GHRP est bien documentée. En revanche, aucun essai publié n’a évalué ce mélange précis.
La synergie GHRH + GHRP
Montrée dans plusieurs études des années 1990 sur la libération de GH.
Chaque peptide seul
Études de phase précoce pour le CJC-1295 (version DAC), données animales et premières études humaines pour l’ipamoréline.
Le mélange en flacon unique
Aucun essai publié sur cette association précise, ni sur ses effets à long terme.
Le rôle de la somatostatine
La somatostatine est le frein de la libération d’hormone de croissance. Une partie de l’intérêt des sécrétagogues comme l’ipamoréline vient de leur capacité à contrer ce frein.
Quand la somatostatine est élevée, la GHRH seule a peu d’effet : l’hypophyse reste bridée. Les sécrétagogues de la famille de la ghréline agissent en partie en atténuant ce frein, et en partie en renforçant directement la libération. C’est l’une des explications de la synergie : pendant que le CJC-1295 appuie sur l’accélérateur, l’ipamoréline desserre le frein.
Les deux molécules en chiffres
Les deux peptides du mélange n’ont ni la même taille, ni la même masse. À masse égale, le flacon contient donc beaucoup plus de molécules d’ipamoréline.
| Caractéristique | CJC-1295 sans DAC | Ipamoréline |
|---|---|---|
| Famille | Analogue de la GHRH | Sécrétagogue (mime de la ghréline) |
| Longueur | 29 acides aminés | 5 acides aminés |
| Masse | ≈ 3 368 Da | ≈ 712 Da |
| Récepteur | Récepteur de la GHRH | Récepteur de la ghréline (GHS-R1a) |
| Molécules pour 5 mg | 1 (référence) | ≈ 4,7 fois plus |
Cette différence est détaillée dans notre guide de reconstitution du mélange.
Le format mélange
Les deux peptides sont réunis en proportions égales dans un même flacon lyophilisé : 5 mg + 5 mg dans le flacon de 10 mg, 10 mg + 10 mg dans celui de 20 mg.
Ce format simplifie la manipulation : un seul flacon, une seule reconstitution. Il a aussi une contrainte : le rapport entre les deux peptides est fixé à la fabrication. Nous comparons les deux approches dans l’article mélange ou flacons séparés, et les volumes de solvant dans le guide de reconstitution du mélange.
Un point de qualité important : le certificat d’analyse d’un mélange doit identifier les deux peptides. Celui de notre lot actuel, réalisé par le laboratoire indépendant Janoshik, porte sur un flacon de 5 mg de CJC-1295 et 5 mg d’ipamoréline.
Réglementation
Ni le CJC-1295 ni l’ipamoréline n’ont d’autorisation de mise sur le marché. Les deux sont interdits en permanence dans le sport.
L’Agence mondiale antidopage classe les analogues de la GHRH et les sécrétagogues de l’hormone de croissance, dont l’ipamoréline, dans la catégorie S2. En France et en Europe, ces peptides sont commercialisés exclusivement comme composés de recherche.
FAQ : CJC-1295 et ipamoréline
Pourquoi associer le CJC-1295 et l’ipamoréline ?
Parce qu’ils activent deux récepteurs différents de l’hypophyse. L’association d’un analogue de la GHRH et d’un sécrétagogue de la famille des GHRP produit dans les études une libération de GH supérieure à la somme des deux effets.
Le mélange contient-il du CJC-1295 avec ou sans DAC ?
Sans DAC (Mod GRF 1-29). Sa durée d’action courte correspond à celle de l’ipamoréline, ce qui permet d’étudier un pic de sécrétion commun.
Quelle est la composition du mélange ?
Les deux peptides en proportions égales : 5 mg de CJC-1295 et 5 mg d’ipamoréline dans le flacon de 10 mg, 10 mg de chaque dans le flacon de 20 mg.
Pourquoi l’ipamoréline plutôt que le GHRP-2 ou le GHRP-6 ?
Pour sa sélectivité : elle libère de la GH avec peu ou pas d’effet sur le cortisol et la prolactine, et stimule beaucoup moins l’appétit que le GHRP-6.
Existe-t-il des études sur ce mélange ?
Pas sur ce mélange précis. Les données disponibles portent sur chaque peptide séparément et sur la synergie entre la GHRH et les GHRP.
Le CJC-1295 et l’ipamoréline sont-ils interdits dans le sport ?
Oui, les deux figurent dans la catégorie S2 de la liste de l’Agence mondiale antidopage.
Pourquoi l’hormone de croissance est-elle libérée par pics ?
Parce que sa libération dépend de l’alternance entre la GHRH, qui la stimule, et la somatostatine, qui la freine. Le pic le plus important a lieu pendant le sommeil profond.
Qu’est-ce que la somatostatine ?
Une hormone qui freine la libération d’hormone de croissance. Les sécrétagogues comme l’ipamoréline contribuent en partie à contrer ce frein.
Y a-t-il autant de molécules des deux peptides dans le mélange ?
Non. À masse égale, il y a environ 4,7 fois plus de molécules d’ipamoréline, car elle est beaucoup plus petite que le CJC-1295.
Pour aller plus loin
Références
- Raun K et al. Ipamorelin, the first selective growth hormone secretagogue. Eur J Endocrinol, 1998. PubMed
- Teichman SL et al. Prolonged stimulation of growth hormone and IGF-I secretion by CJC-1295 in healthy adults. J Clin Endocrinol Metab, 2006. PubMed
- Bowers CY. Synergistic release of growth hormone by GHRP and GHRH. PubMed
- Agence mondiale antidopage. Liste des interdictions. wada-ama.org





