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L’histoire du BPC-157 : de Zagreb aux débats de la FDA
Trente ans d'histoire : de sa description à Zagreb au vote consultatif de la FDA en juillet 2026.

L’histoire du BPC-157 : de Zagreb aux débats de la FDA
Comment un fragment de protéine de l’estomac, étudié par une équipe croate depuis plus de trente ans, est devenu l’un des peptides de recherche les plus discutés au monde.
- Début des années 1990 : l’équipe du Pr Predrag Sikirić, à Zagreb, décrit le BPC-157.
- Années 1990 à 2010 : des centaines d’études chez l’animal, d’abord sur l’estomac, puis sur les tendons, les muscles et les vaisseaux.
- Années 2000 : des essais de phase précoce sous le nom de code PL 14736, sans médicament à la clé.
- Années 2020 : explosion de la popularité, restrictions de la FDA en 2023, puis vote consultatif favorable en juillet 2026.
Les origines : une protéine qui protège l’estomac
Le BPC-157 est né d’une question simple : comment l’estomac résiste-t-il à sa propre acidité ? Des chercheurs de Zagreb ont cherché dans le suc gastrique les molécules impliquées dans cette protection.
Au début des années 1990, l’équipe du Pr Predrag Sikirić, à la faculté de médecine de l’université de Zagreb, en Croatie, isole une protéine du suc gastrique qu’elle baptise Body Protection Compound, « composé de protection de l’organisme ». Les chercheurs identifient ensuite une courte portion de cette protéine, longue de 15 acides aminés, qui semble porter une partie de son activité dans leurs modèles chez le rat.
Ce fragment, fabriqué par synthèse chimique, devient le BPC-157. Sa petite taille le rend facile à produire, et sa stabilité dans le milieu acide de l’estomac en fait d’emblée un objet d’étude original.
D’où vient le nom « BPC-157 »
BPC signifie Body Protection Compound, « composé de protection de l’organisme ». Le nombre 157 désigne le fragment retenu. Le peptide compte 15 acides aminés.
Les chercheurs ont d’abord décrit une protéine plus grande, présente dans le suc gastrique, à laquelle ils attribuaient un rôle protecteur. Le BPC-157 en est un court fragment de 15 acides aminés, choisi parce qu’il conservait l’activité étudiée tout en étant facile à synthétiser :
| Caractéristique | BPC-157 |
|---|---|
| Séquence | Gly – Glu – Pro – Pro – Pro – Gly – Lys – Pro – Ala – Asp – Asp – Ala – Gly – Leu – Val |
| Longueur | 15 acides aminés |
| Masse | ≈ 1 419 Da |
| Autre nom | PL 14736 |
Sa richesse en prolines, quatre sur quinze, est l’une des raisons avancées pour expliquer sa stabilité remarquable, y compris dans le milieu acide de l’estomac.
Trois décennies de recherche
D’abord étudié pour l’estomac et l’intestin, le BPC-157 a ensuite été testé chez l’animal sur les tendons, les muscles, les vaisseaux sanguins et le système nerveux.
Dans les années 1990, les travaux portent surtout sur les ulcères et les lésions digestives. Puis le champ s’élargit : cicatrisation du tendon d’Achille et des ligaments, lésions musculaires, fistules, circulation sanguine. Dans les années 2010, des équipes taïwanaises publient des travaux sur les mécanismes cellulaires, notamment l’activation des fibroblastes de tendon et du récepteur VEGFR2 impliqué dans la formation des vaisseaux.
Au total, plusieurs centaines d’articles sont publiés. Une particularité marque cette littérature : la grande majorité vient de l’équipe de Zagreb. C’est l’une des raisons pour lesquelles les autorités de santé demandent davantage de réplications indépendantes.

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La piste clinique : PL 14736
Dans les années 2000, le BPC-157 a été développé comme candidat médicament sous le nom de code PL 14736, notamment pour les maladies inflammatoires de l’intestin. Ce développement n’a pas abouti.
Des essais de phase précoce ont été conduits, dont certains sous forme de lavement pour la rectocolite hémorragique. Leurs résultats complets n’ont jamais été publiés dans une revue scientifique, et aucun dossier de mise sur le marché n’a été déposé. Lors de son examen de juillet 2026, la FDA n’a pu s’appuyer que sur un résumé de congrès pour cette indication.
Ce silence n’est pas une preuve d’échec, mais il laisse un vide : faute de données publiées, il est impossible de savoir ce que ces essais ont réellement montré.
L’équipe de Zagreb, force et limite
L’essentiel de la recherche sur le BPC-157 vient d’une même équipe, celle du Pr Predrag Sikirić à l’université de Zagreb, en Croatie. C’est ce qui a permis d’accumuler des centaines de publications, mais aussi la principale critique adressée à ce corpus.
En trente ans, ce groupe a publié un très grand nombre d’études animales, sur des modèles de lésions très variés. Cette constance a construit la réputation du peptide. Mais en science, un résultat gagne en solidité lorsqu’il est reproduit par des équipes indépendantes, avec d’autres méthodes. Pour le BPC-157, ces réplications restent peu nombreuses, même si quelques laboratoires en Chine, aux États-Unis ou ailleurs ont publié leurs propres travaux.
L’explosion de popularité
À partir de la fin des années 2010, le BPC-157 sort des laboratoires : il devient un sujet phare sur les forums, les podcasts et les réseaux sociaux consacrés au sport et à la longévité.
Cette popularité repose en grande partie sur les résultats spectaculaires obtenus chez le rat, souvent présentés sans préciser qu’il s’agit de données animales. Elle s’accompagne d’une multiplication des vendeurs en ligne, d’une qualité très variable d’un produit à l’autre et de promesses sans fondement scientifique.
C’est dans ce contexte que la question de la qualité devient centrale : sans certificat d’analyse indépendant, rien ne garantit qu’un flacon contient bien du BPC-157. Notre guide acheter du BPC-157 détaille les critères à vérifier.
Le tournant de 2023 à 2026
En 2023, la FDA a restreint l’utilisation du BPC-157 en préparation magistrale. En juillet 2026, son comité consultatif a recommandé de revenir en partie sur cette décision.
En 2023, l’agence américaine classe le BPC-157 parmi les substances présentant des risques de sécurité pour la préparation en pharmacie, faute de données suffisantes chez l’humain. Les pharmacies américaines ne peuvent plus le préparer.
Les 23 et 24 juillet 2026, le comité consultatif de la FDA sur les préparations magistrales réexamine le dossier. Par 8 voix contre 6, avec une abstention, il recommande d’inscrire le BPC-157 sur la liste dite « 503A » pour la rectocolite hémorragique, contre l’avis des scientifiques de l’agence. Le TB-500 obtient le même score.
La décision finale revient à la FDA. En Europe, rien ne change : le BPC-157 n’a toujours aucune autorisation de mise sur le marché, et il reste interdit par l’Agence mondiale antidopage (voir notre article BPC-157 et dopage).
La chronologie
Plus de trente ans séparent la description du BPC-157 du premier vote favorable d’un comité de la FDA.
| Période | Événement |
|---|---|
| Début des années 1990 | Description du BPC-157 par l’équipe du Pr Sikirić à Zagreb |
| Années 1990 | Premières études chez le rat sur les lésions de l’estomac et de l’intestin |
| Années 2000 | Développement clinique sous le nom de code PL 14736, sans médicament à la clé |
| Années 2010 | Études sur les tendons, les muscles et les mécanismes cellulaires |
| Fin des années 2010 | Explosion de la popularité en ligne |
| 2023 | La FDA restreint la préparation magistrale du BPC-157 |
| Juillet 2026 | Vote consultatif favorable (8 contre 6) du comité de la FDA |
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Ce que cette histoire enseigne
L’histoire du BPC-157 illustre l’écart qui peut exister entre des résultats animaux prometteurs, une popularité massive et une validation clinique qui reste à faire.
Un corpus animal important
Des centaines d’études chez l’animal, sur des tissus très variés.
Peu de réplications
Une recherche concentrée dans un seul groupe, à confirmer par d’autres équipes.
Des essais humains
Pas d’essai clinique publié d’ampleur suffisante pour conclure chez l’humain.
Pour un chercheur, c’est un sujet riche, précisément parce que beaucoup de questions restent ouvertes. Le point complet sur les données est dans notre guide complet du BPC-157.
FAQ : l’histoire du BPC-157
Qui a découvert le BPC-157 ?
L’équipe du Pr Predrag Sikirić, à la faculté de médecine de l’université de Zagreb, en Croatie, au début des années 1990.
D’où vient son nom ?
BPC signifie Body Protection Compound, « composé de protection de l’organisme », en référence à la protéine du suc gastrique dont il est issu.
Le BPC-157 a-t-il déjà été testé comme médicament ?
Oui, dans les années 2000, sous le nom de code PL 14736, notamment pour les maladies inflammatoires de l’intestin. Ces essais n’ont pas abouti à un médicament et leurs résultats complets n’ont pas été publiés.
Pourquoi est-il devenu si populaire ?
Grâce aux résultats obtenus chez l’animal sur la cicatrisation, largement relayés sur internet, souvent sans préciser qu’il s’agissait de données chez le rat.
Qu’a décidé la FDA en 2026 ?
Rien de définitif. Son comité consultatif a recommandé en juillet 2026 d’inscrire le BPC-157 sur la liste des préparations magistrales, mais la décision finale appartient à l’agence.
Combien d’études ont été publiées sur le BPC-157 ?
Plusieurs centaines, en grande majorité chez l’animal et issues de l’équipe de l’université de Zagreb. Les études chez l’humain restent très rares.
Quelle est la séquence du BPC-157 ?
Gly – Glu – Pro – Pro – Pro – Gly – Lys – Pro – Ala – Asp – Asp – Ala – Gly – Leu – Val, soit 15 acides aminés pour une masse d’environ 1 419 Da.
Pourquoi les études sur le BPC-157 sont-elles critiquées ?
Parce qu’elles viennent en grande majorité d’une même équipe et que peu de réplications indépendantes et d’essais humains ont été publiés.





