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L’histoire de l’ipamoréline : du laboratoire danois aux essais cliniques
Des premiers GHRP à la ghréline, puis aux essais cliniques : comment l'ipamoréline est devenue un classique de la recherche.

L’histoire de l’ipamoréline : du laboratoire danois aux essais cliniques
Des premiers GHRP des années 1980 à la découverte de la ghréline, puis aux essais sur l’iléus postopératoire : comment un pentapeptide sélectif est devenu un classique de la recherche.
- Les années 1980 : des peptides de synthèse, les GHRP, libèrent l’hormone de croissance par un récepteur encore inconnu.
- 1998 : une équipe danoise publie l’ipamoréline, présentée comme le premier sécrétagogue sélectif.
- 1999 : la découverte de la ghréline révèle enfin le ligand naturel de ce récepteur.
- Les années 2000-2010 : l’ipamoréline est testée dans l’iléus postopératoire, sans succès sur le critère principal. Elle reste depuis un composé de recherche.
Avant l’ipamoréline : les GHRP
Tout commence dans les années 1980, avec des peptides de synthèse capables de libérer l’hormone de croissance sans que l’on sache sur quel récepteur ils agissaient.
Au début des années 1980, l’équipe de l’endocrinologue américain Cyril Bowers travaille sur des dérivés d’enképhalines, de petits peptides opioïdes. Certains d’entre eux, sans effet opioïde, se révèlent capables de provoquer une forte libération d’hormone de croissance. Le plus connu devient le GHRP-6, un hexapeptide.
Suivent le GHRP-2 puis l’hexaréline, encore plus puissants. Mais ces molécules ont un défaut : elles augmentent aussi le cortisol, la prolactine et, pour le GHRP-6, l’appétit. En 1996, une équipe américaine clone leur récepteur, baptisé GHS-R. Son ligand naturel reste inconnu.
1998 : la naissance de l’ipamoréline
À la fin des années 1990, des chercheurs danois cherchent un sécrétagogue plus précis. Ils publient en 1998 l’ipamoréline, présentée comme le premier sécrétagogue sélectif de l’hormone de croissance.
L’objectif était de garder l’effet sur l’hormone de croissance en éliminant les effets parasites. En modifiant la structure des GHRP, l’équipe obtient un pentapeptide plus court, avec plusieurs acides aminés non naturels : Aib-His-D-2Nal-D-Phe-Lys-NH2.
Dans l’étude publiée en 1998 dans l’European Journal of Endocrinology, menée chez l’animal, l’ipamoréline libère l’hormone de croissance sans augmenter l’ACTH et le cortisol au-delà de ce que fait la GHRH elle-même. Le nom « premier sécrétagogue sélectif » lui reste. Une étude de pharmacocinétique publiée l’année suivante décrit une demi-vie de l’ordre de deux heures.

Pentapeptide sélectif · 5 ou 10 mg
1999 : la découverte de la ghréline
Un an plus tard, une équipe japonaise découvre la ghréline, l’hormone naturelle qui active ce récepteur. Les GHRP et l’ipamoréline deviennent alors des « mimétiques de la ghréline ».
En 1999, Masayasu Kojima et Kenji Kangawa isolent dans l’estomac du rat un peptide de 28 acides aminés qui active le GHS-R : la ghréline. C’est un cas rare où les molécules de synthèse ont été découvertes avant l’hormone naturelle qu’elles imitent.
La ghréline se révèle être bien plus qu’un signal pour l’hormone de croissance : elle stimule l’appétit et accélère la motricité de l’estomac et de l’intestin. Cette dernière propriété va orienter la suite de l’histoire de l’ipamoréline.
Les années 2000-2010 : l’iléus postopératoire
L’ipamoréline a été testée chez l’humain pour accélérer la reprise du transit après une chirurgie abdominale. L’essai n’a pas montré de bénéfice sur son critère principal.
Après une opération de l’abdomen, l’intestin se met souvent « en pause » plusieurs jours : c’est l’iléus postopératoire. Comme la ghréline stimule la motricité digestive, un mimétique pouvait-il raccourcir cette pause ? Des travaux chez le rongeur ont exploré cette piste.
L’ipamoréline a été licenciée à un laboratoire suisse, qui a mené un essai de phase 2 chez des patients opérés de l’intestin. Publié en 2014, cet essai n’a pas montré de différence significative avec le placebo sur le délai de reprise du transit. Le développement clinique dans cette indication s’est arrêté.
L’ipamoréline aujourd’hui
Elle est restée un outil de recherche apprécié pour sa sélectivité, souvent associé aux analogues de la GHRH.
Faute de développement pharmaceutique, l’ipamoréline vit aujourd’hui comme composé de recherche. Sa sélectivité en fait un outil de choix pour étudier l’axe de l’hormone de croissance sans l’interférence du cortisol, seule ou associée au CJC-1295 ou à la tésamoréline. Elle figure, comme tous les sécrétagogues de l’hormone de croissance, sur la liste des interdictions de l’Agence mondiale antidopage.
Ipamoréline
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La chronologie
Quarante ans d’histoire, des premiers GHRP à l’ipamoréline d’aujourd’hui.
| Année | Événement |
|---|---|
| Début des années 1980 | Premiers GHRP, dont le GHRP-6, dérivés d’enképhalines |
| Années 1990 | GHRP-2 et hexaréline, plus puissants |
| 1996 | Clonage du récepteur GHS-R |
| 1998 | Publication de l’ipamoréline, « premier sécrétagogue sélectif » |
| 1999 | Découverte de la ghréline ; étude de pharmacocinétique de l’ipamoréline |
| Années 2000-2010 | Essais sur l’iléus postopératoire |
| 2014 | Publication de l’essai de phase 2, non concluant sur son critère principal |
| Aujourd’hui | Composé de recherche, interdit par l’Agence mondiale antidopage |
FAQ : l’histoire de l’ipamoréline
Qui a découvert l’ipamoréline ?
Une équipe de chercheurs danois, qui l’a publiée en 1998 comme le premier sécrétagogue sélectif de l’hormone de croissance.
L’ipamoréline a-t-elle été testée chez l’humain ?
Oui, notamment dans un essai de phase 2 sur l’iléus postopératoire, publié en 2014, qui n’a pas montré de bénéfice significatif sur son critère principal.
L’ipamoréline est-elle un médicament ?
Non. Elle n’a jamais reçu d’autorisation de mise sur le marché. Elle est disponible uniquement comme composé de recherche.
Quel lien entre ipamoréline et ghréline ?
L’ipamoréline active le même récepteur que la ghréline, le GHS-R1a. Elle a été conçue avant même que la ghréline soit découverte, en 1999.





